19/04/2012

Un week-end un peu fou....

Habitué des trips foot en ma compagnie, Michel, passioné de sport et de Moto GP en particulier, m'a une fois proposé de l'accompagner à un Grand Prix. Nous nous étions fixé d'aller au GP Moto de Brno, pour la bonne et simple raison qu'il tombait le WE du 15 août et qu'il nous permettait de nous déplacer sans trop puiser dans nos jours de congé.

Nous avions donc réservé un vol Charleroi-Bratislava via une compagnie low-cost irlandaise bien connue. Départ le 15/08, retour le 17/08 en soirée.

Arrivés à l'aéroport de Bratislava, nous faisons le tour des agences de location pour avoir une voiture pour nous rendre en République Tchèque. Petite déconvenue : Europ Car, rien de disponible. Avis, rien de disponible. Hertz, rien de disponible.... Le moral de plus en plus dans les talons, nous poussons la porte de chez Budget. Nous tombons sur deux jeunes occupés à jouer sur internet. L'un d'eux nous sort la même réponse que partout ailleurs mais prend quand même mon nom. Pour le samedi, c'est certain, il n'aura pas de voiture, mais il nous demande de passer le dimanche matin. Il nous promet que si un véhicule rentre, il nous le garde pour nous permettre d'aller au Moto GP.

Nous prenons le bus pour descendre en ville et arrivons à notre hôtel juste à temps pour échapper à un orage de Dieu le Père! J'avais vu sur le site UEFA que le derby Slovan-Artmedia devait avoir lieu le samedi soir. J'avais donc proposé à Michel d'aller à ce match au retour de la journée d'essai à Brno. C'est ce qui explique que nous avions opté pour un hôtel à Bratislava plutôt qu'à Brno. Pas de chance, entre la date de nos réservations vol & hôtel et notre départ, la rencontre avait été déplacée au dimanche 18h. Cela devenait impossible de la suivre....

Au levé, Michel allume la télé et cherche sur le télétexte slovaque les résultats de la nuit aux J.O. (et oui, passioné de sport je vous ai dit....) pendant que je passe sous la douche. Je reviens dans la chambre et il prend à son tour possession de la salle-de-bain. Je cherche alors après les pages foot. Je ne comprends pas grand chose au slovaque, mais je m'aperçois qu'à 10h15 sera donné à quelques centaines de mètre de notre hôtel le coup d'envoi de la rencontre de division 2 entre l'Inter Bratislava et Ruzemberok! J'annonce, enfin, je crie cela à Michel. Nous avons le temps de prendre notre petit-déjeuner et d'être au stade à temps et à heure. C'est décidé, nous y allons.

Il n'y a pas foule autour du stade de l'Inter local, c'est le moins que l'on puisse dire. Nous cherchons un guichet et n'en trouvant pas nous nous renseignons auprès d'un steward. "No ticket, no ticket..." Nous rentrons donc sans billet! Je cherche le fan-shop pour y acquérir une belle casquette jaune et noir à l'éffigie du club. On nous emmène, Michel et moi dans la réserve. Et oui, début de saison oblige, ils font encore avec les invendus de la saison passée. Hélas, plus de casquettes.... Nous gagnons la tribune assise couverte et nous nous y installons. Premier étonnement, personne ne semble étonné que nous soyons là sans ticket. Deuxième surprise, les autres spectateurs présentent tous un ticket pour entrer dans la tribune du Pasienky Stadion... Le match commence, nous devons être à peine 800 dans le stade. Ce ne fut pas un grand match loin s'en faut, mais l'équipe locale l'emporta assez facilement. Rentrés aux vestaires avec un avantage de 2-0, les interistes empochèrent les 3 points malgré la réduction du score en deuxième mi-temps.

Après la rencontre, nous avons rejoint le centre-ville. Nous avons mangé et bu une bière au Slovak Pub. Après cela, promenade-découverte dans la vieille ville. 

Agréable mais on n'en a vite fait le tour.... Nous consultons un journal local. A 19h30, en Corgon Liga, le FC Nitra reçoit le FC Tatran Presov. C'est la rencontre la plus proche. Nous recherchons en vain une voiture de location en faisant le tour des réceptions des quelques "gros" hôtels situé à proximité du Danube. Nous gagnons alors la gare routière. Aux renseignements, nous apprenons qu'il est possible de rallier Nitra à temps et surtout d'en revenir, le dernier bus y passe à 22h45.

Petit conciliabule aussi inutile que superflu, nous prenons nos tickets A/R.

Arrivé sur place, nous nous rendons vite compte que cela a beau être la ville la plus proche... c'est quasi la campagne. Nous nous rendons au stade. Nous y trouvons sans problème deux tickets, une casquette et une aubette où nous prendrons deux bières bien fraîches.

Différence de niveau par rapport à la rencontre matinale, mais le match n'est quand même pas des plus emballants.... Tout le public est dans la seule tribune du "stade" Pod Zoborom .

Les locaux prendront rapidement l'avance par Brozschinsky dès la 6ème minute. Le reste de la rencontre peut se résumer d'un côté par "je contrôle et laisse venir" et par "je fais tout ce que je peux mais pour rien" de l'autre... Retour à la buvette à la mi-temps et dès la fin du match nous regagons la gare des bus de Nitra.

Nous avons bien cru ne pas pouvoir revenir sur Bratislava! Quinze à vingt minutes après notre arrivée, les échoppes entourant la plaine et les quais se ferment l'une après l'autre. Le soir tombe et l'obscurité s'installe. A un moment donné, je dévallerai un talus pour tenter de m'informer auprès d'une dame qui passe en contrebas mais qui prendra ses jambes à son cou en me voyant arriver. Au loin, nous voyons un vaste bâtiment éclairé. Nous y allons. Il s'agit de la gare ferroviaire. L'espoir renaît. Pas pour longtemps, si nous y étions arrivé dix minutes plus tôt, nous aurions eu le dernier train pour la capitale slovaque. Le suivant, c'est demain 5h35!

Il n'est quand même que 22h20. Nous redescendons à la gare routière, déserte.... On se dit de plus en plus qu'il va bien falloir se résoudre à passer la nuit là! Une voiture de police passe, lentement puis disparaît tout aussi poussivement. Puis arrive une dame, quelques minutes après un couple... A 22h45 tapantes, un autocar entre dans la gare et s'immobilise au quai n°1 : destination Vienne, via Bratislava! On ne nous avait donc pas menti, il y a bien un bus pour rentrer. Après une petite heure de route, nous sommes de retour en ville. Il est grand temps de retrouver l'hôtel et de se coucher.

Le lendemain, après notre petit-déj, nous gagnons l'aéroport. Nous sommes toujours à la recherche d'une voiture pour aller à Brno, but initial de notre trip.... Nous poussons la porte de chez Hertz, rien. Idem chez Avis. Nous ne refaisons plus tout le tour et nous poussons la porte de chez Budget. A peine ai-je passé ma tête à l'intérieur du box qui sert de bureau que le jeune joueur de vendredi m'annonce que ma voiture m'attend sur le parking! Assez extraordinaire! Nous nous mettons donc en route.

Brno n'est pas très loin. Une fois passée la frontière, il ne nous faut pas longtemps pour remarquer une présence policière assez importante. Nous arrivons au circuit et garons la voiture. 

Arrivés à l'entrée, il y a bien des guichets, mais il faut ici s'acquitter en cash. Pas de paiement par carte et pas de distributeurs. Il y en a, de l'autre côté du circuit, près de l'entrée principale. Nous entamons notre marche en longeant la clôture d'enceinte. A un moment donné, nous arrivons sur un endroit surplombant la sortie d'un virage et un petit bout de ligne droite. Nous décidons de nous joindre aux quelques spectateurs qui se sont déjà installés à cet endroit. 

Nous suivons les courses annexes qui nous font patienter jusqu'à l'entrée en piste des ténors. C'est vrai que nous ne sommes pas trop mals placés... et pour pas cher!

C'est au tour de l'élite de s'affronter sur la piste. Rossi, Stoner, Hayden et consorts font vrombir les moteurs et crisser les pneus. C'est la première fois que je vois cela et, j'avoue, c'est très impressionant! 

Il ne faudra pas longtemps pour comprendre que la course se résumera, pour la victoire, en un duel entre Rossi et Stoner. 

Duel qui tournera court. Au huitième tour, Rossi passe seul. Stoner est tombé. Un tour plus tard, Il Professore a près de vingt secondes d'avance sur ses poursuivants. 

Petite discussion entre Michel et moi. La course est jouée, autant partir et éviter les traditionnels embouteillages. Nous retournons à la voiture et quittons facilement le circuit. Sur la route, nous discutons de la possibilité d'aller voir malgré tout le derby bratislavien. Le match a lieu à 18h. Si nous quittons le stade au coup de sifflet final, nous serons tout tout juste à temps à l'aéroport. C'est risqué, mais faisable.

Nous trouvons une place tout près du stade vers 17h. C'est jour de fête au Tehelne Pole Stadion. La première division est là-bas aussi sponsorisée par un brasseur local : Corgon. Chaque ticket acheté donne droit à un verre gratuit. Nous avons même réussi à en avoir deux chacun....! Le temps de les vider et d'acheter ma casquette souvenir, nous gagnons nos places.

Nous sommes placés dans la tribune principale. On voit bien que le match ici a un peu plus d'intérêt, en tout cas, il y a bien plus de monde pour assister à ce derby que lors des autres matches.

Je m'attendais à un duel assez partagé. Je ne suis pas un spécialiste du football slovaque, mais le Slovan est sans doute le club dont le nom nous est le plus familier et l'Artmedia participait deux saisons plus tôt à la Champions League.

Sur le terrain, la domination du Slovan est nette et sera rapidement concrétisée. Dès la 4ème minute, Silvestr donne l'avance aux siens. Dans la minute suivante, il marque à nouveau et double l'avance du Slovan au marquoir. Avant la 20ème, les visités prennent le large via Gaucho.

Peu avant le repos, Cleber redonne espoir aux supporters de l'Artmedia en réduisant le score. 

Ce sera insuffisant. Malgré la volonté affichée par les joueurs visiteurs, Meszaros donne son allure définitive au score en marquant à quelques minutes de la fin du temps réglementaire le quatrième but du Slovan. Les esprits s'échauffent. Artmedia est réduit à dix après l'exclusion de Piroska.

Le match à peine fini, nous quittons le stade. Arrivés à la voiture, les chants de joie des supporters nous parviennent encore. 

Nous arriverons à l'aéroport en quelques minutes et auront finalement bien le temps de rentrer la voiture et de procéder à notre enregistrement. C'est la fin d'un week-end un peu fou durant lequel nous aurons finalement vu trois rencontres de foot et un Moto GP !

21:18 Écrit par Globe-trotter | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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